A l’occasion de la diffusion d’Aïda en direct du MET ce samedi 06 octobre dans les cinémas du monde entier ( avec Anna Netrebko en Aida et Anita Rachvelishvili en Amneris ), nous proposons une sélection, forcément subjective, des meilleures interprètes d’Aïda actuelles.

2015 : l’Aïda sensible d’Anja Harteros

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Anja Harteros en Maréchale à Munich, © Wilfried Hösl

La soprano a chanté pour la première fois le rôle d’Aïda en février 2015 lors des concerts romains donnés pour couronner l’enregistrement d’une intégrale du chef d’oeuvre de Verdi. Le CD, paru en octobre 2015, est l’un des enregistrements de référence d’Aïda.

Art des nuances, voix jeune et d’une beauté séraphique, portrait psychologique fouillé, on ne sait qu’admirer le plus chez la soprano allemande. Cette interprétation sensible de l’esclave éthiopienne culmine lors de la scène finale avec ses adieux à la terre d’une pureté angélique. Accompagnée des mezza voce de Jonas Kaufmann et de l’Orchestre de l’Académie de Sainte – Cécile dirigé par la baguette aérienne d’Antonio Pappano, elle nous dévoile les trésors cachés de cette partition intimiste, bien loin des idées reçues sur Aïda.

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Anja Harteros en Arabella à Munich © Wilfried Hösl

« Si schiude il ciel » chante l’héroïne, et effectivement, nous avons bien l’impression que le ciel s’ouvre devant nous face à une telle interprétation. A quand une Aïda en version scénique ?

2016 : L’Aïda superlative de Sondra Radvanosvsky à l’Opéra de Paris

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Sondra Radvanovsky en Aïda, à l’ONP, © Eric Bauer

Sondra Radvanovsky est l’une des plus grandes interprètes de Verdi actuelles. Sa prestation bouleversante dans Aïda à l’Opéra de Paris a été un triomphe. Il semblerait que son timbre si mystérieux, que son art des pianissimi, ont été crées pour ce rôle si difficile à chanter. On reste ébahis à chaque fois qu’un son sort de sa bouche. On retiendra à jamais son interprétation exceptionnelle de l’air du Nil « O patria mia« . Sons filés à l’infini, contre – ut longuement tenu, la soprano nous a offert ici une vraie leçon de chant. A cela s’ajoute une incarnation des plus touchantes. Assurément, Sondra Radvanovsky fait partie des plus grandes titulaires d’Aïda.

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Sondra Radvanovsky en Aida à l’ONP, © Eric Bauer

Depuis cette interprétation exceptionnelle, elle est devenue l’une des nouvelles reines de l’Opéra Bastille : très applaudie dans Le Bal Masqué en janvier dernier, elle a triomphé dans Le Trouvère au mois de juin et est alors rentrée dans l’Histoire de l’opéra en devenant la première femme à avoir bissé dans cette salle !

 

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Sondra Radvanovsky en Leonora à l’ONP, © Julien Benhamou / Opéra national de Paris

Elle rechantera le rôle d’Aïda au MET au mois de janvier, et vous l’aurez compris, c’est à ne pas manquer !

( Petit rappel : la soprano a aussi triomphé dans Norma au MET, voir notre article : https://lephiltredisolde.com/2017/10/08/une-norma-enchanteresse/ )

2017 : L’ardente Aïda d’Anna Netrebko au Festival de Salzbourg

La soprano a fait sa prise de rôle très attendue en 2017 au festival de Salzbourg. Son magnifique timbre de velours, ses moyens vocaux exceptionnels et l’homogénéité de sa tessiture nous ont éblouis. Elle renouvelle l’interprétation du rôle en dessinant une Aïda plus volontaire, plus fière qu’à l’accoutumée. Loin d’une incarnation monochrome, Anna Netrebko nous propose une Aïda tourmentée, sombre : on perçoit tour à tour l’orgueil, la mélancolie, la passion ardente. A ce titre, la scène finale est remarquable : ses graves d’une très grande sensualité et ses piani célestes nous font baigner dans une beauté sonore enivrante. Alors qu’Aïda meurt, un autre monde s’ouvre devant nous, à la fois attirant et terrifiant….

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Anna Netrebko en Aïda au Festival de Salzbourg, © Monika Rittershaus

Un peu plus d’an après sa première Aïda, Anna Netrebko reprend ce rôle pour la première fois au Met ( diffusion en direct le samedi 06 octobre par Pathé Live ), et ainsi, nous pourrons juger de l’évolution de son interprétation. Cette série de représentation est d’autant plus exceptionnelle qu’elle aura pour Amneris la divine Anita Rachvelishvili. Un duel au sommet en perspective…

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Anna Netrebko en Aïda au MET, ©Marty Sohl / Met Opera

Publié par Romane Blondeau

Passionnée d'opéra depuis que j'entendis pour la première fois le prélude de Tristan und Isolde, j'ai créé ce blog pour partager toutes les émotions que l'opéra me procure.

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2 Comments

  1. Bonsoir Romane !

    J’avoue ne pas entendre du tout cette finesse psychologique chez Harteros (au contraire quelque chose d’impavide, purement instrumental, et avec une couleur germanique un peu blanche pour du Verdi, un manque de chaleur et d’éclat). Pour les autres, effectivement grandes.

    J’avais beaucoup aimé, en salle Oksana Dyka, éreintée par la critique et beaucoup d’amateurs, alors que c’était d’une maîtrise rare.

    Par ailleurs, je ne me consolerai jamais que Delunsch ne l’ait pas fait, bien sûr.

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