Le Met diffusait le 10 février dans les cinémas du monde entier une représentation réjouissante de L’Elisir d’amore, avec une distribution composée de chanteurs talentueux. Et l’élixir a bien fait son effet puisque nous sommes ressortis sous le charme de la jeune soprano Pretty Yende….

L'ELISIR D'AMORE_ROH, COBENT GARDEN,Giannetta ;Vlada Borovko, Adina; Pretty Yende,  Nemorino; Liparit Avetisyan, Belcore ; Paolo Bordogna,  Doctor Dulcamara; Alex Esposito,
L’ELISIR D’AMORE au ROH dans la mise en scène de Laurent Pelly avec Pretty Yende © Bill Cooper

Pretty Yende est une Adina idéale : malicieuse, séductrice et déterminée. On ne sait qu’admirer le plus chez elle : sa voix magnifique, ronde et sensuelle, son timbre fruité plein de lumière, la richesse de son médium, ses suraigus assurés avec brio… On se délecte à chacune de ses interventions. Et en plus, la sublime soprano possède une très belle présence scénique, incarnant avec conviction son personnage. Le public du Met, conquis, lui a réservé une belle ovation, amplement méritée. Elle confirme qu’elle fait partie des sopranos les plus talentueuses chantant sur les plus grandes scènes du monde.

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© Karen Almond/Metropolitan Opera
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© Karen Almond/Metropolitan Opera
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© Karen Almond/Metropolitan Opera

Nemorino fait partie des rôles fétiches de Matthew Polenzani, et on comprend pourquoi : sa musicalité et son sens des nuances font merveille dans ce rôle. Le ténor possède une très belle voix et une aisance scénique qui rendent son Nemorino très attachant. A plusieurs reprises, il déclenche des rires parmi le public. Le fameux air « Une furtiva lagrima », chanté avec une grande tendresse par l’artiste qui l’orne de nuances, est l’un des moments les émouvants de la soirée. Matthew Polenzani le chante avec sensibilité et élégance, sans jamais en faire trop. Un très beau Nemorino.

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© Karen Almond/Metropolitan Opera

L’autre triomphateur de la soirée, c’est Ildebrando D’Arcangelo qui incarne un Dulcamara étourdissant. Vocalement, le chanteur est impressionnant : il est au sommet de ses moyens, réussissant à chanter ses airs avec un tempo très rapide. Il possède une voix imposante et pleine de couleurs. De plus, le chanteur est également un acteur des plus convaincants, il interprète à merveille ce personnage de charlatan. Il est assurément l’un des plus grands interprètes de Dulcamara.

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© Karen Almond/Metropolitan Opera

Davide Luciano faisait des débuts très réussis au Met en Belcore. Le baryton italien possède une belle voix et a proposé une incarnation plus sobre du personnage qu’à l’accoutumée.

Ainsi, le Met nous a proposé pour cet Elisir une distribution de haut – vol, composée de chanteurs très talentueux, aussi bien à l’aise vocalement que scéniquement.

Il faut dire qu’ils étaient excellemment dirigés par Domingo Hindoyan. Le chef nous proposait une direction très dramatique et dynamique, optant pour un tempo très rapide, ce qui a permis des moments très réussis, en particulier lors de l’air de Dulcamara au premier acte.

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© Karen Almond/Metropolitan Opera

Le seul point noir de la soirée fut la mise en scène indigente de Bartlett Sher. Le metteur en scène a transposé l’action au début du Risorgimento, mais cela n’apporte rien de plus à la compréhension de l’œuvre. Les décors sont composés de toiles peintes pas très esthétiques, censées représenter une place d’un village. Cette mise en scène n’apporte aucun éclairage sur l’œuvre, elle est vraiment classique et vide. Seule la scène finale est réussie, avec les baisers spontanés échangés entre les deux amoureux qui rendent cette scène très tendre.

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© Karen Almond/Metropolitan Opera

GAETANO DONIZETTI

L’elisir d’amore

Samedi 10 février

Orchestre et Choeur du Met

Direction musicale : Domingo Hindoyan

MISE EN SCÈNE : Bartlett Sher

Costumes : Catherine Zuber

Lumières : Jennifer Tipton

Décors : Michael Yeargan

 

DISTRIBUTION

 

Adina : Pretty Yende

Nemorino : Matthew Polenzani

Dulcamara : Ildebrando D’Arcangelo

Belcore : Davide Luciano

Publié par Romane Blondeau

Passionnée d'opéra depuis que j'entendis pour la première fois le prélude de Tristan und Isolde, j'ai créé ce blog pour partager toutes les émotions que l'opéra me procure.

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